Le vibe coding : coder avec les vibes, livrer avec sa tête
Le vibe coding : coder avec les vibes, livrer avec sa tête
Il y a deux ans, pour bâtir une application web, ça te prenait un développeur, six mois, pis un budget qui te faisait suer. Aujourd'hui, ton neveu de 16 ans peut te sortir un prototype fonctionnel en un après-midi en jasant avec une IA. Bienvenue dans l'ère du vibe coding.
C'est quoi, au juste?
Le terme vient d'Andrej Karpathy (ex-OpenAI, ex-Tesla), qui l'a lancé début 2025 : tu décris ce que tu veux en langage naturel, l'IA écrit le code, tu regardes le résultat, tu ajustes ta demande, et tu recommences. Tu ne lis presque pas le code. Tu suis les vibes.
Concrètement, ça ressemble à ça :
« Fais-moi une app pour suivre mes machines à slush avec une carte pis des alertes SMS. »
Et l'outil te génère les fichiers, la structure, la base de données. Toi, tu testes, tu dis « le bouton est trop petit » ou « ça plante quand j'ajoute un client », et l'IA corrige.
C'est magique. C'est rapide. Et c'est exactement là que ça devient dangereux.
La partie que tout le monde aime
Soyons honnêtes : le vibe coding a démocratisé quelque chose de réel.
La vitesse de prototypage est absurde. Une idée le lundi matin, une démo cliquable le lundi après-midi. Pour valider un concept avant d'investir, c'est un superpouvoir.
La barrière d'entrée s'est effondrée. Un gestionnaire qui comprend son processus d'affaires mieux que n'importe quel consultant peut maintenant bâtir son propre outil interne. Pas parfait, mais fonctionnel.
Le coût d'expérimentation est proche de zéro. Tester trois approches différentes coûtait des semaines. Maintenant, c'est un vendredi soir avec un café. (Ou une bière. Je ne juge pas.)
La partie que personne ne veut entendre
Le vibe coding, c'est comme construire un chalet sans jamais regarder les fondations. Tant qu'il fait beau, tout va bien. Le problème, c'est que le printemps arrive toujours.
Voici ce qui se passe quand le prototype devient « le vrai système » :
La sécurité, c'est pas une vibe. L'IA génère du code qui fonctionne, pas nécessairement du code sécuritaire. Mots de passe mal gérés, données exposées, injections SQL — les classiques reviennent en force. Et au Québec, avec la Loi 25, une fuite de données personnelles, ce n'est pas juste gênant : c'est légalement coûteux.
Personne ne comprend le code. Le jour où ça brise (et ça va briser), qui répare? L'IA peut aider, mais si personne dans l'organisation ne comprend l'architecture, tu es en train de déboguer une boîte noire avec une lampe de poche.
La dette technique s'accumule en silence. Chaque « ajoute donc cette fonctionnalité-là » empile du code sur du code. Sans structure, ton app de 500 lignes devient un monstre de 15 000 lignes que même l'IA a de la misère à suivre.
Alors, on fait quoi avec ça?
La vraie réponse, c'est ni « le vibe coding va remplacer les développeurs » ni « c'est un gadget pour amateurs ». C'est un outil. Un outil ridiculement puissant, à condition de savoir où il excelle et où il te plante.
Ma règle de trois :
- Prototype et validation d'idée → vibe code à fond. Zéro retenue.
- Outil interne à faible risque (un tableau de suivi, un petit automatisme) → vibe code, mais fais réviser la sécurité de base.
- Système en production avec des données clients → là, tu veux quelqu'un qui lit le code. L'IA écrit, l'humain valide l'architecture, la sécurité et la conformité.
Le futur du développement, ce n'est pas l'humain ou l'IA. C'est l'humain qui pilote l'IA en sachant ce qu'il fait. La différence entre les deux, c'est la différence entre « ça marche sur mon ordi » et « ça marche encore dans deux ans ».
Le mot de la fin
Le vibe coding, c'est le meilleur assistant que le développement logiciel ait jamais eu. Mais un assistant, ça s'encadre. Utilise-le pour aller vite, valide avec rigueur, et garde toujours quelqu'un dans la pièce qui comprend ce qui se passe sous le capot.
Parce qu'entre toi pis moi : les vibes, c'est excellent pour la musique. Pour tes données clients, on va se garder une petite gêne.
Krinec accompagne les PME de l'Abitibi-Témiscamingue dans leurs projets de données et d'IA — avec les vibes, mais surtout avec la tête
